La vie d’entrepreneuses, c’est un peu se retrouver embarquées sur des montagnes russes. Au début, il y a l’excitation de cette nouvelle aventure, on sait qu’on va se faire peur, mais on en a envie. Puis, lorsque le train se met en mouvement, on n’est plus tout à fait sûres d’avoir fait le bon choix, la peur se mêle à l’envie…. Premier looping, youhou ! on a survécu, on en est fières, c’était pas si difficile… accélération, le train monte, avec peine, c’est raide, on passe le sommet et… aaaaaaaah ! Laissez-moi sortir… Remise en question. Mais pourquoi, pourquoi avoir eu cette idée de dingue ? On n’était pas bien à manger de la barbe à papa en bas ? Certes, c’est un peu tranquille et connu, mais franchement, c’est bien aussi quand c’est tranquille et connu !

Allez, pas le choix, on y est, on en profite au maximum et on donne tout pour que ce voyage reste un moment génial ! C’est ça, la vie d’entrepreneuses. Il y a quelques temps, on est tombées sur un diagramme qui résume bien ces sensations en dents-de-scie : le messy middle.

Cela motive, on sait qu’après un coup dur, on reprend des forces et hop, on remonte, encore plus haut. En vrai, avec Dress Is More, c’est exactement ce qu’on vit, jour après jour, semaine après semaine.

A plusieurs reprises, on a pensé atteindre la fin du développement des 4 premiers modèles. Mais non, on est fin septembre, et on est enfin bientôt prêtes avec seulement 3 modèles. On a malgré tout déjà réalisé les envies et créations d’une cinquantaine de clientes, avec plus ou moins de réussite, mais on continue à s’améliorer. Les patrons de la robe Louise et du top Jona ont été revus et corrigés, et de nouvelles pièces pour les essayages ont été cousues dans une toile neutre, permettant aux clientes de se projeter plus facilement dans ce que sera son vêtement unique et personnalisé, facilitant notre travail de prises de mesures, et sécurisant l’adaptation par la couturière. Le résultat devrait être encore plus convaincant, évitant les retouches et les déceptions.

On attend ce moment avec impatience, mais on se prépare aussi à la prochaine rechute, parce qu’on sait qu’il y en aura d’autres, qu’on vivra à nouveau des phases où l’envie de tout laisser tomber sera plus forte que tout, qu’il faudra retrouver la motivation, creuser la montagne pour y trouver des solutions, remettre en question nos décisions précédentes, réorienter les détails du projet, et continuer à avancer, pas à pas, à un rythme irrégulier et surtout toujours trop lent pour nos ambitions….

C’est fou ce qu’on a déjà appris, en termes de métier bien sûr, mais aussi au niveau de notre personnalité, de nos schémas habituels. Lâcher prise, confiance, remise en question. Garder le cap, rester soi-même (elle est pour toi Vanessa, merci !) Et patience, ça ira mieux demain !